La petite histoire de Wonder Woman

« Même les filles ne voudront pas être des femmes tant que nos archétypes féminins manqueront de force, de vigueur et de puissance. Elles ne veulent pas être des femmes, car elles ne veulent pas être tendres, soumises, pacifiques comme le sont les femmes « bonnes ». Le remède logique est de créer un personnage féminin avec toute la force de Superman plus l’allure d’une femme bonne et belle. » – William Moulton Marston, The American Scholar, 1943.

Saviez-vous que Wonder Woman est une des premières super-héroïnes et la toute première à avoir eu droit à sa propre bande-dessinée ?

Sa création

Le personnage a été inspiré par les débuts du féminisme dans les années 40. C’est le psychologue de renom, William Moulton Marston, qui l’a créé dans le but de promouvoir un nouveau modèle de féminité à la population. Il rêvait d’un monde où il y aurait plus de représentations de femmes fortes, libres et courageuses s’opposants à l’idée d’être inférieures aux hommes. Son but ultime était d’inspirer les jeunes filles à avoir confiance en leurs capacités pour les pousser vers la réussite sportive et dans les métiers monopolisés par les hommes.

On attribue aussi la création du polygraphe, ou détecteur de mensonge, au psychologue Marston, alors ce n’est pas surprenant que l’arme de prédilection de Wonder Woman soit nommée « lasso de la vérité » !

La Seconde Guerre mondiale et ses répercussions

Wonder Woman est rapidement devenu un phénomène, le personnage a inspiré des femmes à joindre l’effort de guerre durant la Seconde Guerre mondiale. Les poussant à soutenir les États-Unis de plusieurs manières différentes, comme par exemple en se joignant aux forces de l’armée auxiliaires ou en travaillant dans les usines à des postes habituellement réservés aux hommes.

Durant la guerre, l’héroïne était vue à chaque édition de sa bande-dessinée en train de combattre les ennemis de la nation partout dans le monde. Le personnage a voyagé au Japon, en Allemagne, en Chine ou en Amérique du sud pour affronter des nazis, mais aussi s’opposer à différentes injustices sociales, comme l’esclavage, les mauvaises conditions de travail et les inégalités économiques.

Après la guerre, les États-Unis ont cherché à reconstruire leurs idéaux de famille, d’amour et de mariage pour pousser le pays à des valeurs universelles. C’est pour cette raison que des politiciens ont forcé les scénaristes à « domestiquer » la super-héroïne et faire en sorte qu’elle se rapproche de l‘image traditionnelle d’une mère de famille, plutôt que d’une guerrière féroce.

Le gâchis des années 60

Après avoir été censurée par les politiciens, la bande-dessinée qui arrivait autrefois à surpasser les ventes de Superman a été délaissée par son lectorat féminin. Les ventes des exemplaires étaient en chute libre et il a fallu attendre les années 60 avant que DC Comics n’essaie de sauver le personnage.

Les nouveaux auteurs souhaitaient moderniser le personnage pour pouvoir plaire au nouveau lectorat et à la jeunesse de l’époque. Ils ont transformé le personnage en totalité, allant même jusqu’à modifier son histoire d’origine et oublier ses racines amazoniennes. En quelques numéros seulement, Wonder Woman avait surmonté le deuil de son mari, combattait le crime avec des arts-martiaux (non, chers hommes blancs des années 60, les chinois n’ont pas inventé le karaté… C’est japonais !), devient une « fashionista », tient une boutique branchée de vêtement et s’extasie devant chaque spécimen masculin croisant son chemin… La modernisation a déclenché un mouvement de protestation des féministes de l’époque.

Le féminisme des années 70

Une de ces féministes, n’était nulle autre que Gloria Steinem, une des figures proéminentes du mouvement de l’époque. Celle-ci a utilisé ses connections avec Steve Ross (grand patron de Warner Communications, Inc, et de DC Comics) pour faire pression et finalement sauver l’héroïne de son enfance. La Wonder Woman originelle réapparaît en 1973.

Lorsque Steinem a lancé son magazine féministe, Ms., en 1972. La Une représentait c Wonder Woman, pônant la paix et la justice et critiquant la guerre du Vietnam. Le magazine a utilisé l’héroïne pour pousser ses idées, comme le droit des femmes d’avoir accès à des soins de santé adéquats ou l’égalité entre les peuples et les sexes. C’est ainsi qu’après avoir été un embarras pendant plus de 20 ans, le personnage est redevenu le symbole féministe dont Marston rêvait.

Le regain de popularité soudain de Wonder Woman a poussé à la production du téléfilm éponyme mettant en vedette Lynda Carter. Le succès du film a convaincu les producteurs à l’adapter en une télésérie, qui est devenue une des séries les plus iconiques du 20e siècle ! L’ancienne Miss World USA et finissante de Miss Monde 1972 a été instantanément élevée au statut de super star et a inspiré des milliers de jeunes filles à se sentir fortes et fières d’être femmes.

Aujourd’hui

Nous sommes désormais à l’aube d’un nouveau chapitre palpitant pour l’héroïne, alors que Gal Gadot la dépeint au grand-écran. Nous sommes très excitées d’aller voir ce nouveau film, premier film de super-héros réalisé par une femme ! Nous parions que Marston, le créateur du personnage, aurait été plus que ravi par l’idée !

Avez-vous l’intention d’aller voir le nouveau film de Wonder Woman au cinéma ?
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